Raphaële de Broissa - Ondoiement, 2026
Interview
En quelques mots, quel a été votre parcours artistique ?
J’ai étudié le design textile à l’école Conte (Paris) et je suis diplômée des Beaux-Arts de Paris.
Aux Beaux Arts j’étais très attirée par la réalisation d’installations avec des matériaux dit « pauvres ». J’ai d’abord été dans l’atelier de Richard Deacon, sculpture, puis dans celui de Jean-Michel Alberola, peinture.
À quelles sources puisez-vous pour nourrir votre imaginaire ?
L’observation de la nature, les matières, la couleur, l’histoire des lieux…
Comment définiriez-vous votre démarche artistique ?
Je pars de l’Histoire pour créer des histoires. J’ai aussi développé une façon de travailler le ruban de masquage et cela me permet d’explorer en affinant ma technique et en jouant avec le matériaux.
Ma relation avec les œuvres que je crée est autant dans l’expérience de ce matériau que dans ce que je veux exprimer avec.
Qu’est ce qui a motivé votre choix d’emplacement à Évreux, et comment ce contexte urbain participe‑t‑il au sens de votre œuvre ?
Lors de ma première balade dans la ville d’Evreux, j’ai tout de suite été intéressée par la vasque gallo-romaine. La plupart des installations que je fais viennent souligner les objets et leurs histoires. C’est une porte d’entrée dans ces lieux nouveaux, une façon de dialoguer. Cette vasque m’intéresse particulièrement pour les différentes utilisations qu’elle a eu. Avec mes fleurs artificielles et fantastiques je reprends le langage du moyen-âge qu’on peut retrouver dans les vitraux. Une idée d’un monde exotique, le paradis ? J’ai choisi comme titre Ondoiement, l’ondoiement est le baptême précipité que l’on célèbre pour des mourants, le plus souvent des bébés. On peut voir ces fleurs comme symbole de vie mais elles parlent aussi de ce passage entre les deux mondes. De plus, Ondoiement donne l’idée du mouvement, le mouvement de nos sociétés fluctuantes. D’ailleurs en voyant cette vasque ma première idée était de la prendre pour un vase sans connaître sa riche histoires des différentes générations qui se sont succédé !
Quel regard espérez-vous susciter chez la personne qui découvre votre travail ?
Les fleurs artificielles que je vais ajouter à la vasque sont un écho aux fleurs du moyen âge peintes sur les vitraux pour parler du paradis. J’espère que mon travail va donner l’envie aux gens d’aimer, de regarder et de s’approprier les vieilles pierres.
Un projet ou un rêve artistique que vous aimeriez partager ?
Dans un château auvergnat, je vais faire une œuvre dans l’intégralité de la bibliothèque. Le château est entièrement restauré et je suis chargée, en partenariat avec l’architecte, de penser des tentures qui seront intégrées dans les boiseries.