Damien Cabanes

Né en 1959 à Paris, Damien Cabanes est un peintre et sculpteur français. Diplômé des Beaux-Arts de Paris, il expose régulièrement en France et à l’international. Son œuvre, sensible et colorée, est présente dans de nombreuses collections publiques et privées. Il a reçu plusieurs prix, dont celui de la Fondation Simone et Cino Del Duca en 2016.

Interview de l’artiste


En quelques mots, quel a été votre parcours artistique ?

Mon parcours artistique est toujours en cours ; « Work in progress » comme on dit. Depuis ma première exposition en 89, je navigue entre la peinture et la sculpture et de la sculpture à la peinture, entre l’abstraction et la figuration, avec une attention particulière à la couleur.

 

À quelles sources puisez-vous pour nourrir votre imaginaire ?

L’œuvre exposée à la biennale date du début des années 2000. Je ne puisais pas mon inspiration dans quelque chose d’extérieur, mais je la trouvais en étant attentif à ce qui se passe au moment présent dans la manipulation de la terre.

 

Comment définiriez-vous votre démarche artistique ?  

J’ai eu beaucoup de périodes différentes, cette œuvre particulière fait partie d’une vaste série de terres crues. Elle a été agrandie et réalisée ensuite en résine pour une commande publique ; il en existe trois exemplaires.

 

Il s’agissait de faire table rase de ce que j’avais appris, de « l’asphyxiante culture » comme dirait Jean Dubuffet, et de me concentrer sur les gestes élémentaires de la main, du poignet et du bras en contact avec un morceau de terre peint de plusieurs bandes de couleurs : serrer, écraser, enrouler, aplatir, taper, tapoter, étendre, rouler, frapper… sans aucun schéma de formes préétablies. Ce qui a engendré une infinité de formes différentes. Plus le protocole de départ était restreint — comme par exemple une simple torsion du poignet — plus apparaissait une variété infinie de mini‑différences.

 

Je me trouvais propulsé dans une ivresse d’infini en espérant trouver enfin une forme universelle ou archétypale que je n’ai pas trouvée. Je tournais de plus en plus vite autour du pot pour finalement me rendre compte que le pot n’existe pas. Il est important de préciser que la couleur était toujours appliquée sur le boudin de terre initial avant l’intervention gestuelle, de manière à ce qu’elle coïncide parfaitement avec la forme finale et accentue ou souligne la torsion. L’œuvre présentée est un spécimen parmi des milliers, et agrandi.

 

Qu’est‑ce qui a motivé votre choix d’emplacement à Évreux, et comment ce contexte urbain participe‑t‑il au sens de votre œuvre ?

J’ai pensé que le triangle allongé, en pavés, dans cette allée, serait bien pour accueillir la sculpture, avec un dialogue possible avec les arbres un petit peu éloignés.

 

Quel regard espérez-vous susciter chez la personne qui découvre votre travail ?  

Lui communiquer l’envie d’en faire autant ou lui donner l’impression de l’avoir fait elle‑même.

 

Un projet ou un rêve artistique que vous aimeriez partager ?

Continuer mon rêve commencé il y a 47 ans sans savoir où il va m’amener.