Damien Cabanes - République, 2009
Interview
Mon parcours artistique est toujours en cours ; « Work in progress « comme on dit .
Depuis ma première exposition en 89 je navigue entre la peinture et la sculpture et de la sculpture et la peinture , entre l abstraction et la figuration avec une intention particulière à la couleur .
À quelles sources puisez-vous pour nourrir votre imaginaire ?
L’oeuvre exposée à la biennale date du début des années 2000 . Je ne puisais pas mon inspiration dans quelque chose d extérieur mais je la trouvais en étant attentif à ce qui se passe au moment présent dans la manipulation de la terre .
Comment définiriez-vous votre démarche artistique ?
J’ai eu beaucoup de périodes différentes, cette oeuvre particulière fait partie d une vaste série de terres crues, elle a été agrandie et réalisée ensuite en résine pour une commande publique , il en existe trois exemplaires . Il s’agissait de faire table rase de ce que j’avais appris, de « l’axphyxiante culture « comme dirait Jean Dubuffet et de me concentrer sur les gestes élémentaires de la main, du poignet et du bras en contact avec un morceau de terre peinte de plusieurs bandes de couleurs : serrer, écraser, enrouler, aplatir, taper, tapoter, étendre, rouler, frapper… sans aucun schéma de formes préétablies. Ce qui a engendrée une infinité de formes différentes. Plus le protocole de départ était restraint comme par exemple une simple torsion du poignet plus apparaissait une variété infinie de mini différences. Je me trouvait propulsé dans une ivresse d infini en espérant trouver enfin une forme universelle ou archétypale que je n ai pas trouvée. Je tournais de plus en plus vite autour du pot pour finalement me rendre comte que le pot n’existe pas. Il est important de préciser que la couleur était toujours appliquée sur le boudin de terre initial avant l’intervention gestuelle de manière à ce qu’elle coincide parfaitement avec la forme finale et accentue ou souligne la torsion. L’œuvre présentée est un spécimen parmi des milliers et agrandi.
Qu’est‑ce qui a motivé votre choix d’emplacement à Évreux, et comment ce contexte urbain participe‑t‑il au sens de votre œuvre ?
J’ai pensé que le triangle allongé, en pavés dans cette allée serait bien pour accueillir la sculpture avec un dialogue possible avec les arbres un petit peu éloignés .
Continuer mon rêve commencé il y a 47 ans sans savoir ou il va m’amener.